Les Sámis, une communauté au plus près de la nature

Ça y est, j’ai vu les aurores boréales, mais Sápmi (le nom sámi de la Laponie) m’a fait découvrir bien plus que ce phénomène naturel envoûtant. C’est toute une culture dont j’ignorais l’existence qui s’est offerte à moi. Et même maintenant je suis persuadée que j’en connais pas encore la moitié.

Avant de lister quelques faits sur les Sámis et leur culture, un petit rappel utile : les Sámis sont le peuple autochtone de la Laponie. D’ailleurs ce nom « Laponie » a été donné à leur territoire par les colons européens. Le vrai nom de la région, c’est Sápmi et c’est ce nom que j’utiliserai dans tous mes contenus sur le sujet.

Un vaste territoire

Première chose dont on peut se rendre compte, c’est l’étendue de ce territoire qui couvre quatre pays : le nord et le centre de la Norvège et de la Suède, le nord de la Finlande et la péninsule russe de Kola. J’étais personnellement dans le nord de la partie suédoise, à Abisko.

Sápmi est divisé en « villages ». Ceux-ci ne sont pas des villages au sens propre mais plutôt des territoires économiques correspondant aux territoires où se déplacent les rennes des Sámis. Un village est généralement entre deux rivières, en tout cas en Suède. D’ailleurs, la région suédoise du Sápmi correspond à la zone où l’élevage des rennes est pratiqué.

L’élevage des rennes

Traditionnellement, les Sámis suivaient les rennes sauvages pendant leurs migrations d’est en ouest (et inversement) et en ont domestiqué pour le transport de leur campement et de leur famille. Il existait même différents traîneaux en fonction de ce qui devait y être transporté.

Photo d'un renne tourné vers l'appareil. Sa tête occupe le milieu de la photo, il a déjà perdu ses bois.

Aujourd’hui il n’y a plus de rennes sauvages. Chaque renne appartient à un Sámi et seuls les Sámi sont autorisés à posséder des rennes en Suède. Même s’ils ont un propriétaire, les rennes continuent de vivre libres. Pour les reconnaitre lors des migrations, chaque famille présente dans un village a sa propre façon de couper l’oreille droite des rennes. Et pour savoir à qui il appartient dans la famille, chaque personne à sa façon de couper l’oreille gauche.

L’hiver étant plus long que l’été dans cette région, les Sámis se sont sédentarisés là où leurs rennes passent l’hiver et se déplacent avec eux dans la montagne en été. Les membres des familles se relayent alors pour assurer une présence permanente auprès des rennes tout en continuant à travailler ou à aller à l’école pour ceux qui le doivent.

L’élevage des rennes est quelque chose qui se passe de génération en génération. Lorsqu’un petit nait, il appartient automatiquement à la génération suivante.

Les habitats traditionnels

Les Sámis, aujourd’hui sédentarisés, suivaient donc leurs rennes. Leur campement était soit fait de lavvú, des tentes faites de troncs de bouleau et de peaux de rennes, entre autres, soit de lavdnhegoathi, des cabanes construites avec de la tourbe. Ces deux types de constructions permettaient d’être transportée pour la première ou de retourner à la terre jusqu’à l’année suivante pour la seconde.

Intérieur d'un lavvu, la tente traditionnelle des Sámi. Un feu occupe le milieu de la tente, une casserole est posée dessus. De chaque côté du feu, un sac de couchage est posé sur une peau de renne.

Pour stocker leur nourriture, ils construisaient des Najllan en hauteur dans un arbre afin que les animaux, comme les ours ou les renards, n’aillent pas s’y servir. Celles-ci étaient plus permanentes et remplies de manière à toujours avoir de quoi manger lorsqu’ils arrivaient au camp.

La religion

La religion sámi était une religion polythéiste. Ils vénéraient par exemple le soleil, qui est l’un de leurs dieux. Ils pensaient aussi que nous vivons dans plusieurs mondes en parallèle sur la même terre, ce qui signifie que les esprits des dieux ou des personnes décédées peuvent leur rendre visite.

Les aurores boréales sont l’illustration de cette pensée puisqu’elles seraient les esprits des personnes décédées qui passent d’un monde à l’autre (un peu comme dans « Frère des ours »). Il fallait (et faut toujours) les respecter en faisant le moins de bruit possible pour ne pas les énerver.

Photo d'aurores boréales

D’ailleurs en parlant d’ours, dans les anciennes croyances sámis, il était l’un des animaux sacrés et ne doit jamais être appelé par son nom (un peu comme Voldemort). Il était dit qu’il comprenait le langage humain et qu’il pouvait voyager entre les mondes. L’ours était le messager des anciens dieux et, par conséquent, on ne pouvait pas le tuer sans l’autorisation des dieux. Même lors de l’abattage, il était toujours traité avec respect et ses os avaient même droit à leurs propres funérailles afin que l’âme de l’ours puisse retourner dans le monde des dieux.

La langue sámi

 La culture sámi comprend évidemment une langue, même trois en réalité : le sámi oriental, le sámi central et le sámi méridional. Chacune de ces langues est divisée en dialectes. En Suède, on parle 5 des 9 dialectes sâmis. Chacun dans une des cinq zones du Sápmi suédois. À l’heure actuelle, 40 à 50 % des Sámis parlent une langue sámi, mais les chiffres exacts ne sont pas connus.

C’est une langue descriptive, en particulier en lien avec la nature. Il suffit de trois mots pour désigner un renne parmi des milliers en le décrivant. Les Sámis ont aussi 300 mots pour décrire la neige, mais aucun mot pour traduire la haine.

Un drapeau et un jour national

Les Sámis ont leur propre drapeau et encore une fois cela montre leur lien avec la nature. La partie rouge symbolise l’amour et la chaleur, le bleu correspond quant à lui à l’eau comme élixir de vie. Le jaune symbolise le soleil et le vert la nature dans son ensemble. Le cercle représente l’esprit d’unité, mais aussi le soleil et la lune.

Drapeau Sámi

Le 6 février est leur jour national qui commémore le premier congrès sámi qui s’est tenu en 1917 et qui a réuni des membres des quatre pays sur lesquels s’étend Sápmi.

Pour aller plus loin

    Comme je l’ai dit en début d’article, je n’ai fait que découvrir la surface de la culture sámi lors de mon voyage. Par contre, j’ai pu rassembler des références pour aller plus loin.

    La première, ce sont les livres d’Ann-Hellen Laestadius qui mettent en scène la communauté sámi dont elle fait partie. Je suis personnellement repartie avec « Punished », qui suit le parcours de cinq enfants sámis qui ont été envoyés en internat par le gouvernement suédois.

    La seconde, c’est l’adaptation en film de son livre « Stolen », disponible sur Netflix. En plus de mettre en lumière le braconnage des rennes, le film a été réalisé par des Sámis et avec des Sámis.

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