Alors que les tensions montent aux États-Unis, les gens se remettent à tricoter des bonnets rouges en signe de résistance contre une force oppressive. Ce qui pourrait être considéré comme une nouvelle tendance est en fait une vieille tradition norvégienne qui refait surface parmi les tricoteurs.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont interdit le port de chapeaux rouges en Norvège. L’histoire derrière cette interdiction commence avec un personnage mythologique appelé Fjøsnisse.
Fjøsnisse
Cette créature mythologique ressemble à un gnome coiffé d’un bonnet rouge qui, selon la légende, vivait dans les granges et aidait ou nuisait aux activités agricoles en fonction de la façon dont on le traitait. Les gens avaient donc pour habitude de déposer du porridge sur leur porche à Noël pour le rendre heureux.
La domination nazie
Lorsque les nazis ont commencé leur domination sur la Norvège, un artiste nommé Frank Wathne a produit et largement distribué une série de cartes de Noël portant la mention « Joyeux Noël norvégien ». Celles-ci représentaient le petit Fjøsnisse accompagné du drapeau norvégien. Les cartes ont bien sûr été rapidement interdites.
Pour continuer leur résistance, les Norvégiens ont alors commencé à porter des bonnets rouges à la place. Et cet acte de résistance a menés à une interdiction formelle d’en porter. Une coupure de journal conservée au Hjemmefrontmuseet, le musée norvégien de la Résistance, a informé la population de cette interdiction avec ces mots :
Attention, bonnets rouges. L’utilisation de bonnets rouges a tellement augmenté qu’elle sera désormais considérée comme une manifestation. L’utilisation de ces bonnets est donc interdite à compter du jeudi 26 février inclus. À partir de ce jour, les bonnets seront confisqués à toute personne qui en porte un, et le porteur sera passible de poursuites pénales. Pour les enfants de moins de 14 ans, la responsabilité incombera aux parents ou tuteurs. Chambre de police de Trondheim, 23 février 1942.
Un signe de liberté
Ce bonnet rouge refait aujourd’hui surface comme un symbole intemporel de liberté. Aujourd’hui les tricoteuses et tricoteurs du monde vident les stocks de laines rouge pour réaliser ces bonnets et protester contre les actions violentes de la police de l’immigration américaine (ICE).
C’est une façon pour les américains et pour le reste du monde de protester de manière douce contre un pouvoir qui prend de plus en plus de liberté, au propre comme au figuré. Porter ce bonnet rouge c’est aujourd’hui une façon de dire que l’on est pas d’accord sans avoir à le crier, sans avoir à prendre de risque, en particulier pour ceux qui ont déjà peur pour leur peau de l’autre côté de l’Atlantique.





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